MELISSMELL: Son nouvel album et en concert au Café de la Danse le 31 mai 2022.

Une puissance primale et viscérale à la rage contestataire habite celle qui poursuit sa route en dehors des lignes droites. La voix de Melissmell, c’est la voix d’une artiste en survie, qui a connu la rue et l’identité du sans abri. Il vient de là ce cri à la fois puissant et vulnérable qui fait d’elle une artiste totalement à part sur la scène française. Accompagnée de Christian Olivier (Têtes Raides), Denis Barthe (Noir Désir) ou encore Matu (Indochine, Mano Solo), elle revient avec un album en forme de brûlot.

Surgit le refrain du premier single, Bérézina, dopé par une fougue rythmique aussi musclée qu’hospitalière, et déjà les intentions batailleuses sont claires: « On peut encore dis-moi/Décider ce qu’on sème/ On peut s’aimer quand même/ On peut encore dis-moi/Éviter la Bérézina ». Incitation déterminée au sursaut, à l’engagement, à la fraternité. Ne pas courber l’échine, ne pas ouvrir la cage à l’extrême. Toujours debout et pas prête d’être à genoux, MELISSMELL.

 

Qui bouscule, interpelle, ose la culbute entre le frontal et le poétique. Elle n’est jamais sur un matelas confortable, réclame une humanité libérée. Elle revient aussi « des nuits souterraines », des « enfers » mentaux et physiques. Mêle au sein d’Eldorado son nouveau envol et la grande traversée des populations qui ont fui la guerre. Sans frime, sans ficelle, sans maquillage, Mélanie Coulet - son nom au civil - repart donc au front. Six ans de jachère et d’attente depuis L’Ankou, sa précédente livraison discographique dans laquelle rôdait le spectre de la mort. Savoir pour expliquer ce laps de temps, alors
que ces chansons-là étaient terminées dès 2018, qu’il lui a fallu trouver une autre structure à la suite de la faillite de sa maison de disques. Puis, bien sûr,
s’arranger avec la crise sanitaire. Les coups durs, les galères, les épreuves, elle les a traversés. Un passé difficile, entre petits boulots pour subvenir à ses besoins, débrouille précaire et tente plantée dans le bois de Vincennes. Elle a connu la rue, l’identité du sans- abri (rien d’innocent à ce que le clip de Bérézina soit une immersion au sein d’une maraude des Restos du cœur de Rouen), l’instabilité des lendemains, le regard culpabilisant de la société, les lieux d’aide qui peuvent se transformer en espace d’insécurité parce que partagés avec des hommes.

 

Il vient de là aussi ce cri à la fois puissant et vulnérable qui irrigue ses morceaux. Sur son premier album, Écoute s’il pleut paru en 2011, Aux armes, chanson à la fois rampe de lancement et coup de tonnerre où l’ardéchoise d’origine offre une relecture combinée de La Marseillaise et L’internationale. Dans la foulée, elle réalise un doublé gagnant (public et jury) au prix Georges Moustaki et ses concerts ardents sont immédiatement distingués par l’Académie Charles Cros (révélation scène). Puissance primale et viscérale chez cette jeune quadra qui trace sa route en dehors de la ligne droite et des mièvreries standardisées. Les enfants de maldonne, titre évocateur et à la rage contestataire, poursuit cette démarche intrépide.

Un quatrième disque au courage têtu, aux propos intransigeants, plein de choix tranchés et tranchants. Il s’ouvre par Notre siècle à 20 ans, déploration autour du manque de radicalité et d’esprit de contestation longtemps prêtés à la jeunesse. Melissmell s’appuie ici sur sa paire de loyaux partisans que sont FRANCOIS MATUSZENSKI, dit MATU (autrefois clavier notamment pour INDOCHINE ou MANO SOLO), GUILLAUME FAVRAY, transformateur d’idées et indispensable complice de mots apaches. Elle et lui modèlent la langue selon leurs propres règles, passant de l’âpreté au cœur battant, des mises en garde aux mises à mort. D’autres visages, d’autres compagnonnages unis par les mêmes idéaux renforcent la solidité de ce précieux noyau. Celui des OGRES DE BARBACK, dont la généreuse science instrumentale traverse la moitié du disque. Celui d’IMBERT IMBERT qui trimballe sa contrebasse sur La prière aux croyances inversées et trempe la plume sur Putain de Miracle, cri de révolte impulsé par les attentats contre Charlie Hebdo et qui se déploie à travers une fameuse rouste infligée à Dieu.

 

Celui de CHRISTIAN OLIVIER, en duo et auteur d’un texte à la géographie résistante (Rue d’la chaussée). Celui enfin de DENIS BARTHE, figure de NOIR DESIR et batteur-clin d’œil d’une suite envisagée et possible concernant l’énigmatique héros présent à deux reprises sur le deuxième album du groupe (Joey III). Le même Joey, prénom aux résonances intimes pour la jeune femme et qu’on retrouve dans le déchirant L’étoile du berger. Il y a là encore un hommage à NINA SIMONE, une introduction hantée basculant vers un lyrisme crépitant (Petite chanson du maquis), une transe finale sur un morceau diaboliquement rock (Animale), la célébration du souvenir et de ses héros musicaux (Pigalle). Il y a surtout la conquête d’un chant en vol libre, au pouvoir émotionnel évocateur et multiple. Voix d’espoir et de désespoir. Voix d’éclaircies et de tempêtes. Voix viscérale et de tendresse diffuse. Voix pénétrante et troublée. Voix essentielle et salvatrice.

En concert au Café de la Danse le 31 mai 2022.

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