A la recherche des Space Invaders...

avec Virginie (4/4)

Peut-être, les avez-vous remarqués au détour d’une rue en vous baladant dans Paris, Rome, Los Angeles ou dans de nombreuses villes de France. Ils, ce sont les « Space Invaders », oeuvres pixelisées et réalisées en carrelage ou en petits carreaux de mosaïque par l’artiste français Invader qui s’est inspiré du jeu vidéo paru en 1978. 

 

Une invasion dans le paysage urbain au gré des rues où les lieux choisis ne sont pas le fruit du hasard mais d’une sélection de l’artiste, qu’elle soit esthétique ou tactique. Montrer l’oeuvre, parfois la camoufler pour ne pas que l’Art reste éphémère. Et le message de l’artiste est clair: rendre l’Art accessible à tous, la rue devient alors un formidable terrain de jeu. A ce jour, près de 3 600 Space Invaders sont disséminés à travers le monde dont certains, insolites, reposent au fond de la mer ou sont actuellement en orbite à bord de l’ISS. 

 

Depuis 2014, l’application Flash Invaders permet de scanner en temps réel les oeuvres sur votre smartphone, vous rapportant ainsi des points selon la taille ou l’accessibilité des Space Invaders. Un classement est ainsi effectué en temps réel à travers le monde où se côtoient près de 42 000 joueurs.  Et quoi de mieux pour fêter les 20 ans de « l’Invasion » de donner la parole à ces joueurs justement passionnés de Street Art mais surtout fans des petites mosaïques dissimulées ici ou là par l’artiste Invader.

Julia, Anthony, Virginie et Béatrice sont nos quatre portraits que vous découvrirez au fil des jours, en plongeant au coeur du monde passionnant des Chasseurs d’Invaders. 

Après Julia (à lire ici), Anthony (à lire ici) et Béatrice (à lire ici), c'est au tour de Virginie de clôturer la série de portraits et de nous faire partager sa passion pour les Space Invaders.

Nom: Virginie
 
Age: 42 ans
 
Ville: Paris
Classement: 12ème

A quand remonte ta passion pour les Invaders ?

 

Cela remonte à fin des années 90, début des années 2000. J'avais remarqué ces drôles de petites mosaïques sur les murs, surtout PA_197 (Caulaincourt) qui était sur le chemin de mon travail, et que je voyais tous les matins. J'ai découvert sur une émission de TV (Canal +) un reportage sur lui et ce qui m'a plus, c'est son côté anonyme, qu'on ne sache pas qui c'est car le plus important c'était de mettre en valeur le travail et la démarche artistique plutôt que l'artiste lui-même. 
J'ai commencé à prendre en photos les mosaïques, dès que j'en voyais, mais sans être en "chasse". 
Puis il y a eu l'expo 1000 à la Générale, et là tout a commencé vraiment...avec la carte, je partais tous les dimanches les trouver et les prendre en photo, et j'ai fait un petit livre photo pour ma nièce, qui avait 3 ans à l'époque, avec laquelle, on appelle les space invaders des "petits crabes". 
Ensuite, je suis partie en Europe et même à New York, pour essayer de retrouver les mosaïques. 
Ce qui était drôle, c'est que les gens me demandaient si j'étais perdue quand il me voyait regarder mes cartes et que je leur expliquais que je cherchais une mosaïque et parfois, certains m'aidaient à chercher.

Que représente pour toi les Invaders et le Street Art en général  ? 

 

Les Space Invaders, c'est comme ma Madeleine de Proust, c'est ma première rencontre avec le Street Art. Le graffiti ne m'a jamais parlé, car je n'en connaissais pas les codes...mais la mosaïque a quelque chose de ludique, il y a l'effet de surprise ( On ne s'attend pas à le voir et quand on le voit, on est content de l'avoir trouver et même si on a vu 100 fois la photo, la rencontre de la première est toujours aussi excitante, car on a toujours peur qu'il soit parti...). 

A force de scruter les murs à la recherche des Invaders, on aperçoit les autres expressions artistiques : les pochoirs, les collages, les fresques, les stickers...que j'aurais peut-être jamais prêté attention si Invader n'avait pas posé des mosaïques. 

Aujourd'hui, je cours les rues pour découvrir le street Art, avant qu'il ne disparaisse, car comme c'est éphémère, on ne sait jamais si le lendemain, le travail sera toujours là ou pas... Je diffuse mes coups de coeur ensuite sur les réseaux sociaux.

 

Te souviens-tu de ton tout premier Invader que tu as flashé sur l’application Flash Invaders ?

 

Parfaitement, c'était PA_987 (Quartier du Bassin de la Villette 19è), j'étais avec ma nièce justement, on a beaucoup marché pour jouer à cette application, elle essayait de découvrir à chaque flash combien de points le space invader allait faire. 

J'étais un peu frustrée au moment de la sortie de l'application, car elle était téléchargeable, 1 semaine après mon retour de Bâle...

Heureusement, j'avais acheté un smartphone depuis 15 jours mais si j'en avais pas eu, j'en aurais acheté un exprès pour jouer à l'application. 

Ce qui est formidable avec Flash Invaders, c'est que j'ai pu rencontrer pleins de gens, fans également depuis très longtemps, à Paris mais aussi dans le monde entier. J'ai pu faire des flashtour avec pleins de touristes flashers étrangers, c'était très sympa. 

Dans quelles autres villes « envahies » as tu été pour découvrir d’autres Invaders ?

 

Je suis retournée dans les villes de France et d'Europe: près de 48 villes au compteur, si on compte pas Paris. 

Mais à chaque nouvelle ville envahie, c'est un challenge d'y aller le plus vite possible en dépensant le moins possible. C'est aussi pour ça qu'on organise des voyages à plusieurs (co-voiturage, co-partage d'hôtel...), on s'amuse à plusieurs et ça nous fait des super souvenirs. 

Prochaine destination : Rome. 

Le plus bel Invader, pour toi, que tu as trouvé à Paris ?

 

 Il y en vraiment beaucoup que j'adore...mais peut-être une petite tendresse pour le lapin bleu, car j'avais une peluche exactement pareil, quand j'étais petite...

A quoi ressemble une journée « chasse » pour toi ? Comment t’y prends tu ?

 

Tout d'abord, trouver les indices où peut se trouver la mosaïque, comme je fais partie d'un réseau de joueurs, on cherche tous ensemble. Parfois, cela peut prendre 3-4 jours avant de savoir où elle peut se trouver. A travers les flashes, on essaye de trouver un indice, un coin de fenêtre, un panneau de rue...parfois on tombe dessus sans le savoir à l'avance...Les réseaux sociaux comme Instagram sont formidables pour faciliter les échanges d'informations, même si on donne pas la rue en direct, il faut laisser aussi la chance à ceux qu'ils veulent vraiment chercher sans avoir eu l'info. 

 

Quand je pars à l'étranger, je me prépare des cartes avec les localisations précises et je me fais un itinéraire avec le choix des transports si besoin (métro, bus, vélo) au préalable, pour être sure de n'avoir rien oublié. 

Si tu devais aider quelqu’un qui débute dans la recherche d’Invaders, quel(s) conseil(s) et quel(s) message(s) lui donnerais tu ?

 

Prends les livres, regarde bien les cartes éditées, fais des recherches sur les réseaux sociaux et Internet, il y a pleins d'infos...mais surtout, amuses toi et regardes autour de toi les autres artistes et tu rencontreras pleins de gens sympas.  

Quel message aimerais-tu dire à l’artiste français Invader ?

 

Ne tombe pas de l'échelle et surtout MERCI !!!

Merci Virginie

Par Arnault

Mars 2018

Retrouvez le portrait de Julia en cliquant ici

Retrouvez le portrait d'Anthony en cliquant ici

Retrouvez le portrait de Béatrice en cliquant ici

Crédits Photos: Virginie

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